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Le Jury Officiel
Le Jury Officiel de cette 25ème édition se compose de : Thomas Gilou, Khaled Abou El Naga, Mélanie Bernier, Renato Berta, Sandra Ceccarelli, Maria Dinulescu , Noémie Elbaz , Chantal Lauby , Sara Martins, Sandeep Marwah , Rashid Masharawi, et Idrissa Ouedraogo.
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Réalisateur - France
Après des études de cinéma et d'arts plastiques, Thomas Gilou entre dans le milieu du cinéma d'abord comme photographe, puis comme opérateur ou assistant scénariste. Il est le premier assistant de Raoul Ruiz pour L'Eveillé du pont de l'Alma en 1985. En 1979, il passe à la réalisation avec un premier court métrage sur une bande de rockers parisiens, General Lee et ses Teddy Boys, avant de faire sensation en décrochant en 1984 une nomination aux Césars pour le très remarqué La Combine de la girafe. Son premier long métrage, une plongée dans la communauté noire de Paris, confirme les bonnes dispositions de Thomas Gilou. Black Mic-Mac est un grand succès en salles. Et pourtant, il faut attendre presque dix ans avant de revoir Thomas Gilou derrière une caméra. Son film sur les jeunes des cités en galère, 'Raï' en 1994, n'attire pas autant l'attention, malgré un propos sans complaisance. C'est en 1997 que le réalisateur retrouve le chemin du succès. Totalement inattendu, la comédie sur les Juifs du Sentier La Vérité si je mens est l'un des plus gros cartons de l'année. Un raz-de-marée bientôt confirmé par Thomas Gilou avec une suite quatre ans plus tard, après une parenthèse avec Chili con carne. Thomas Gilou réunit en 2007 le couple Gérard Depardieu et Nathalie Baye devant son objectif pour Michou d'Auber, confirmant son statut de cinéaste du déracinement et du dialogue entre communautés. Pour suivre la voie de la solidarité, le réalisateur signe en 2009 Victor dans lequel Pierre Richard est adopté pour éviter une expulsion.
Comédien - Egypte
Khaled Abou El Naga a étudié les télécommunications à l'Université de Ain Shams (Egypte). Membre de l'Équipe Nationale Egyptienne de Water-Polo, il jouait aussi au Théâtre à l'Université Américaine du Caire où il a suivi des cours et a reçu plusieurs fois le prix du Meilleur Acteur Universitaire. En 1996, il reçoit le Prix du Meilleur Court Métrage de la Biennale du Caire pour son premier film comme metteur en scène : Sol Star.
En 1997, il décide d'améliorer ses talents artistiques en consacrant une année à l'étude du cinéma. Deux ans plus tard, il commence sa carrière de présentateur à la Télévision Égyptienne. En très peu de temps, il attire l'attention par son style frais et controversé. En 2000, après avoir reçu le Prix du Meilleur Nouveau Présentateur, il est sélectionné pour présenter le programme Bonjour l'Égypte, un des programmes quotidiens les plus populaires.
Un autre rêve se réalise pour lui en 2001: le metteur en scène renommé Daoud Abdel Sayed le choisit pour jouer le rôle principal avec Salah Abdallah et le chanteur controversé Shaaban Abdel Rehim dans Mowaten we Mokhber wa Haramy (Le Citoyen, l'indic et le voleur). Le style du film ainsi que ses comédiens surprennent et choquent le public et les critiques. Il leur faudra du temps avant d'admettre que le film n'est qu'un nouveau chef d'œuvre de Daoud Abdel Sayed.
Le metteur en scène Egyptien Ali Abdel-Khalek qui avait choisi Khaled Abou El Naga dans Rendez-Vous (2000) lui offre un nouveau rôle dans son nouveau film Yom EL Karama.
Khaled Abou El Naga a aussi collaboré avec le jeune cinéaste Hany Khalifa et le scénariste Tamer Habib dans Sahar El Layali (Les Nuits veillées) 2003.
Comédienne - France
Mélanie Bernier est une comédienne française de théâtre, de télévision et de cinéma. Le théâtre la fascine dès son enfance. À neuf ans, elle intègre le Théâtre Rouge, une compagnie de comédiens de son département, avant de poursuivre son apprentissage auprès de Juliette Maillet qui dirige la troupe des Copains d'abord. Cette dernière la met notamment en scène dans une représentation d'Alice au pays des merveilles. Sur les planches, Mélanie Bernier enchaîne les prestations sous la direction d'Alexis Rejas, Mensonges, Le Petit Prince, et de Karine Romer, Les Trois Sœurs de Tchekhov.
C'est en 1999 que la jeune comédienne apparaît pour la première fois à l'écran. Le réalisateur Patrice Martineau lui confie un petit rôle dans son téléfilm dramatique Rends-moi mon nom, avec Steve Tran-Guan, Jian Huang Xu et Yvan Le Bolloc'h. L'année suivante, Mélanie Bernier découvre le cinéma en prenant part au tournage de la comédie dramatique Barnie et ses petites contrariétés, présentée par Bruno Chiche en 2000. Elle y joue le rôle de Cécile et donne la réplique à Fabrice Luchini, Nathalie Baye et Marie Gillain.
Renouant avec le petit écran, elle est choisie par Christian Faure pour interpréter le rôle de Charlotte adolescente dans le téléfilm La Mort est rousse. Après avoir été Juliette aux côtés d'Agnès Soral et de Cécile Richard dans le téléfilm L'Affaire martial (2002) de Jean-Pierre Igoux, elle passe son baccalauréat littéraire option théâtre en 2004. Elle se retrouve ensuite face à Richard Bohringer et Annie Girardot pour le téléfilm dramatique La Petite Fadette, tiré de l'œuvre éponyme de la romancière George Sand (1804-1876). Toujours à la télévision, elle apparaît sur Arte et France 3 qui diffusent la série Vénus et Apollon à partir de 2005. Elle y joue le personnage de Bijou, l'une des quatre esthéticiennes de la série.
De retour sur grand écran, la beauté de Mélanie Bernier fascine l'homme cochon joué par José Garcia dans Sa Majesté Minor, le long métrage de Jean-Jacques Annaud sorti en octobre 2007. Après Modern Love de Stéphane Kazandjian et avec Alexandra Lamy, puis Passe-passe de Tonie Marshall , elle partage l'affiche de Mes stars et moi avec Kad Merad, Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart . Cette même année 2008, Mélanie Bernier renoue avec sa passion première et remonte sur scène à l'occasion d'un spectacle que monte Patrice Leconte au Théâtre de l'Atelier à Paris. Il s'agit de la comédie Héloïse , écrite par Patrick Cauvin. On la retrouve sur les écrans de cinéma, en juin 2009, dans une comédie d'Olivier Doran, Le Coach, aux côtés de Richard Berry et Jean-Paul Rouve .
Directeur de la photographie - Suisse
Renato Berta est un directeur de la photographie suisse. Féru de cinéma, il fonde adolescent un ciné-club. Il y programme des films néo-réalistes italiens. Il suit les cours du Centro expérimentale de Rome entre 1965 et 1967, où il croise Pier Paolo Pasolini, Luchino Visconti et Roberto Rossellini. Fidèle d'Alain Tanner (Le Milieu du monde, 1974 ; Messidor, 1978), Renato Berta débute également aux côtés des réalisateurs du nouveau cinéma suisse: Francis Reusseur (Vive la mort, 1969; Le Grand Soir, 1976), Michel Soutter (Repérages, 1977), Daniel Schmid (La Paloma, 1974; Hécate, 1982). Apprécié en France pour son sens aigu du cadrage et son exploitation fine de la lumière, il y travaille à partir des années 1980, essentiellement dans des films d'auteurs : avec Jean-Luc Godard (Sauve qui peut, la vie, 1980), André Techiné (Rendez-vous, 1985; Les Innocents, 1987), Louis Malle (Au revoir les enfants, 1987; Milou en mai, 1989) et Alain Resnais (Smoking, no smoking, 1993; On connaît la chanson, 1997). Le réalisateur portugais Manoel de Oliveira (Party, 1996; Inquiétude, 1997) et le cinéaste israélien Amos Gitaï (Kadosh, 1999 ; Kippour, 2000) ont également fait appel à son talent.
Comédienne - Italie
Sandra Ceccarelli est la fille de Franco Ceccarelli, guitariste du célèbre groupe italien Equipe 84. Elle débute sa carrière en incarnant la fille de Stefania Sandrelli dans le film Segreti secret (1984) de Giuseppe Bertolucci. Elle fréquente ensuite l'Academy of Fine Arts et travaille comme illustratrice. Entre 1995 et 1997, elle étudie le métier d'actrice avec Carlos Alsina et Giorgio Albertazzi. Après quelques années consacrées au théâtre, elle joue dans Il mestiere delle Armi (2000) d'Ermanno Olmi et dans Luce dei miei occhi (2001) de Giuseppe Piccioni. Pour ce rôle, elle reçu le prix de la Meilleure Actrice à la célèbre Mostra de Venise.
Comédienne - Roumanie
Maria Dinulescu est une des jeunes actrices les plus en vogue en Roumanie. Après avoir fréquenté l'Université nationale de Cinéma et de Comédie de Bucarest, où elle a suivi un master en danse théâtrale et théâtre ancien, elle se passionne pour la production en Roumanie.
Le public la découvre en 2003 avec son rôle dans Traffic, qui a gagné la Palme d'Or du court métrage à Cannes. Un autre long métrage lui donne l'occasion de revenir à Cannes, il s'agit de California Dreamin' (endless). Ce film d'auteur a gagné le prix Un Certain Regard en 2007. Maria Dinulescu a joué dans un vingtaine courts métrages, en ce compris les fictions, les publicités et les clips vidéo, a participé à plusieurs séries télévisées et douze longs métrages, parmi lesquels elle a tenu sept fois le rôle principal.
Maria Dinulescu, par la suite, a travaillé avec Adrian Sitaru dans son premier long métrage Hooked, présenté en avant-première au 65ème Festival du Film de Venise. Sa performance est décrite par le Hollywood Reporter and Variety comme étant « enchanteresse et pétillante, malgré un rôle difficile». Ce rôle lui a aussi valu le Prix de la Meilleure Actrice au Festival du Film de Thessaloniki en 2008, ainsi qu'au Festival du Film de Buenos Aires.
Enfin, Maria Dinulescu est la star de Peace, le dernier clip vidéo de Depeche Mode.
Comédienne - France
Noémie Elbaz étudie l'art dramatique au Cours Périmony. En 1997, elle joue dans la pièce L'Écornifleur. De 2001 à 2004, elle interprète le rôle de Julie, la standardiste chipie dans la série Caméra Café sur M6. En 2005, elle joue dans le film Espace Détente et dans deux épisodes de séries télévisées Sœur Thérèse.com sur TF1 et Léa Parker sur M6. En 2006, elle incarne la réceptionniste du camping des Flots Bleus dans le film Camping de Fabien Onteniente. L'année suivante, elle joue dans la pièce Arsenic et vieilles dentelles. En 2008, elle succède à Ingrid Chauvin et Aylin Prandin dans Femmes de loi (rôle du lieutenant Émilie Jeanson) sur TF1 et joue au théâtre Saint Georges dans la pièce d'Eric Assous Les Belles Sœurs.
Comédienne et réalisatrice - France
Née à Gap, elle passe son enfance en Auvergne avant de s'installer sur la Côte d'Azur. Elle y devient présentatrice télé sur FR 3 Nice et Marseille, en remplaçant un peu par hasard Evelyne Leclercq. Elle est également sur les ondes de Radio France Côte d'Azur où elle interviewe de nombreuses personnalités, qu'elles soient du cinéma, de la musique ou de la politique. Elle y fait la connaissance de Bruno Carette et ils forment alors un duo qui ne se quittera plus. On les retrouve sur l'antenne de FR3 Nice et Marseille, animant Un petit clip vaut mieux qu'une grande claque. Le principe est simple: lancer des clips, comme le titre l'indique, entrecoupé de sketches. Devant le succès de ces interludes humoristiques, l'émission est remplacée par BZZZ..., une émission de parodies en tout genre. En 1986, une cassette de l'émission tombe entre les mains d'Alain de Greef et Albert Mathieu, dirigeants de la nouvelle chaîne payante Canal +. Séduits par l'humour des deux trublions, ils leur proposent de rejoindre Paris pour se lancer dans un projet de Space Opéra, le cultissime Objectif Nul. Aux côtés d'Alain Chabat et Dominique Farrugia, ils forment les Nuls, un improbable quatuor qui fera le bonheur de la chaîne pendant des années, au travers d'une multitude d'émissions: Objectif: Nul, Le JTN, ABCD Nuls, Les Nuls, l'Emission... En 1994, le quatuor devenu trio à la mort de Bruno Carette en 1989, se lance dans l'aventure cinématographique avec La Cité de la Peur d'Alain Berberian. Puis Chantal Lauby fait des apparitions dans les films de Dominique Farrugia et Alain Chabat. En 2002, elle écrit, réalise et joue dans son premier long métrage, Laisse tes mains sur mes hanches. Aujourd'hui, maman de Jennifer Ayache, chanteuse de Superbus, elle devrait revenir en tant qu'actrice et réalisatrice dans plusieurs productions, en attendant un éventuel projet signé les Nuls.
Comédienne - France
Née à Faro, au Portugal, Sara Martins entame sa formation à l'école des Enfants Terribles à partir de 1997, avant d'entrer au Conservatoire National d'Art Dramatique l'année suivante. Dès 1996, cette jeune métisse avait déjà commencé son parcours artistique au théâtre, jouant notamment sous la direction de Roger Planchon. Une fois son cursus terminé, elle débute alors un long parcours télévisuel qui lui permet de faire ses preuves et de s'ouvrir progressivement la porte du grand écran. De Police District à P.J., en passant par Avocats & associés, elle affine son jeu face à la caméra. Au cinéma, dès 2002, Sara Martins fait des apparitions chez Martin Valente (Les amateurs) et évolue progressivement vers un cinéma exigeant et des partitions plus importantes, dans Ne le dis à personne de Guillaume Canet ou chez Assayas dans L'Heure d'été (2008). Elle retrouve également avec plaisir son compère Valente pour Fragile(s). En 2009, elle était à l'affiche d'Après l'Océan d'Eliane de Latour et de Mensch de Steve Suissa et tenait l'un des rôles principaux dans la sulfureuse série Pigalle, la nuit.
Producteur Directeur général des Studios Marwah - Inde
Directeur fondateur des Studios Marwah et de l'Académie Asiatique du Film et de la Télévision, Sandeep Marwah a été, dès le début des années 80, à l'origine de l'essor cinématographique de Noida, une ville du Nord de l'Inde. Guidé par sa passion pour le cinéma et la télévision, il a intégré avec succès un certain nombre d'organisations concurrentes dédiées au cinéma et à l'éducation télévisuelle, à la recherche et à la promotion à un niveau global, incluant l'Asian School of Media Studies - un institut indien d'études supérieures de cinéma et de télévision.
Les Studios Marwah ont participé à la production de plus de 2500 films et programmes TV pour près de 100 chaînes de télévision. Sous son leadership, l'AAFT (Asian Academy of Film & TV) a formé plus de 7000 étudiants venant de 75 pays du monde. Sandeep Marwah est associé à la production de plus de 2000 films d'apprentissage. Les Productions Marwah ont produit plus de 1800 courts métrages, un record mondial. Sandeep Marwah est le lauréat de plus de cent récompenses nationales et internationales pour sa remarquable contribution à l'éducation aux médias et à la formation.
Il est le président du Comité Entertainment de la PHD Chamber of Commerce & Industry, de l'International Film & Television Club et de l'International Film & Television Research Centre - le premier et l'unique centre de recherche du film et de la télévision dans le secteur privé en Inde.
Réalisateur - Palestine
Rashid Masharawi est né dans le camp de réfugiés de Shati (Bande de Gaza, Palestine). Il commence à travailler dès l'âge de 14 ans. En 1980, il refuse le destin palestinien tout tracé d'ouvrier et décide de se consacrer au cinéma et à la création audiovisuelle. Il travaille pendant quelques années comme assistant décorateur sur les tournages de plusieurs films avant de passer lui-même à l'écriture et à la réalisation de ses propres œuvres. En 1986, il collabore notamment à l'écriture du film de Michel Khleifi, Noces en Galilée. Durant les années 80 et 90, il est le seul cinéaste à vivre et à travailler dans les territoires occupés, malgré la censure. En 1996, tout en tournant ses films, il fonde à Ramallah (Cisjordanie), un Centre de Production et de Distribution Cinématographique (CPC), dont l'objectif est de créer une salle de cinéma itinérante pour les enfants palestiniens qui tente toujours d'exister malgré les interdictions de circuler imposées par Israël. Le CPC crée également un Festival du film pour enfants et organise régulièrement des projections et des conférences sur le cinéma dans les universités et les centres culturels palestiniens.
Après Shelter (1989), qui décrit les tribulations d'un ouvrier palestinien en Israël, et Longue journée à Gaza (1991), un documentaire sur la Guerre du Golfe vue par la population de la Bande de Gaza, Rashid Masharawi réalise en 1993 son premier long métrage de fiction, Couvre-feu, présenté l'année suivante à la Semaine de la critique du Festival de Cannes. Suivront, parmi une vingtaine de titres, Haïfa, sélectionné dans la section Un Certain Regard du même festival en 1996, puis Rabab (1997), Stress (1998), Derrière les murs (1999), Saison d'amour (2001), En direct de Palestine (2002), Un ticket pour Jérusalem (2002), Arafat mon frère (2005) et Attente (2005). Son dernier film, Laila's Birthday est son cinquième long métrage. À la fois documentaire et fiction, il met en scène la journée d'un homme confronté au chaos et à l'irrationalité de la société palestinienne après soixante années d'occupation israélienne. Inspiré en partie du vécu personnel de Rashid Masharawi, qui partage aujourd'hui sa vie entre Paris et Ramallah, Laila's Birthday s'attache, comme la plupart de ses œuvres, à explorer l'identité de son peuple et à capter les images d'un pays traumatisé par l'apartheid. Ce film a remporté le Grand Prix du Festival du Film d'Amour de Mons en 2009.
Réalisateur - Burkina Fosa
Après des études d'anglais à l'Université de Ouagadougou, Idrissa Ouedraogo s'inscrit en 1977 à l'Institut africain d'éducation cinématographique (Inafec). Diplômé, il poursuit son apprentissage en France: il s'inscrit à l'Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) et à la Sorbonne, où il obtient un DEA de cinéma. Il tourne alors plusieurs courts métrages qu'il qualifie de « documentaires fictionnalisés »: Poko (1981), Pourquoi ? (1981), Les Ecuelles (1983), Les Funérailles du Larle Naba (1984), Issa le tisserand (1984), Ouagadougou, Ouaga deux roues (1985).
Attaché à ses racines, Idrissa Ouedraogo ne peut s'empêcher de tourner encore et toujours sur les lieux de son enfance, dans le village où il a grandi. « Quand j'ai fini un film, explique-t-il, j'ai l'impression qu'il m'a manqué des choses, parce que j'ai dû tourner très vite. Et il faut que je comble aussitôt». Depuis Le Choix (1986), qui l'a révélé au public et à la critique, il installe donc sa caméra dans le même décor sahélien autour de Ouahigouya, à 175 kilomètres de la capitale Ouagadougou. Combinant l'authenticité documentaire et la narration fictionnelle dans une esthétique raffinée, il raconte des histoires simples: l'exode d'une famille de paysans chassée du Sahel par la sécheresse (Le Choix), la présence de la magie dans la vie sociale (Yaaba, 1989), la tragédie grecque classique transposée dans un contexte africain contemporain (Tilai, 1990). Son univers se précise avec Karim et Sala en 1991, où il explore de manière plus approfondie l'innocence, l'enracinement, le déracinement, les liens qui existent entre l'Afrique contemporaine et l'Afrique traditionnelle. Ce dernier thème devient central dans Samba Traoré (1992), qui relate l'histoire d'une amitié entre des enfants et une vieille dame. Ce film marque un tournant dans la carrière de l'« enfant terrible du Burkina »: s'éloignant de la simplicité linéaire de ses débuts, Idrissa Ouedraogo élargit sa palette. Le village de son enfance devient un lieu de retranchement. En 1994, il franchit un nouveau pas, tournant son premier film en France, à Lyon: Le Cri du cœur évoque les tribulations d'un Africain poursuivi par son inconscient originel. En 2003, il tourne La Colère des dieux, une réflexion sur le pouvoir et la pénétration coloniale.
Parallèlement à son métier de réalisateur, Idrissa Ouedraogo crée sa propre société de production, Les Films de la Plaine, au début des années 1990. C'est par ce biais qu'il réalise en 1992 Samba Traoré. Il travaille également avec des chaînes de télévision françaises: il tourne un court métrage sur le Festival panafricain de Ouagadougou pour Canal + et un téléfilm, Afrique, mon Afrique, en 1994, diffusé sur Arte.
Côté théâtre, on lui demande en 1991 de mettre en scène à La Comédie Française La Tragédie du roi Christophe, d'Aimé Césaire.
Il travaille également pour la télévision en réalisant au Burkina la série Kadie Jolie, qui est un énorme succès public.